mardi 28 mai 2013

The Growth Delusion

"Faites des dettes!"
"Les Etats ne sont pas des ménages!"
"A long terme nous sommes tous morts!"
Ah, les mantras - et les bons mots - attribués à l'apôtre Keynes!

A chaque époque sa religion.
Le dieu du monde industrialisé s'appelle Croissance. Dans les régions et aux époques où la population augmente et le niveau de vie se modernise, Il fait des miracles, des décennies glorieuses. Soudain, la démographie stagne et on arrive à une saturation de ce qu'on peut consommer. Il se fait alors bien discret. On veut Le revoir! On veut Lui plaire, on va Lui faire des offrandes! Un bon coup de stimulation par le déficit, il n'y a rien de tel. Il n'a pas réagi ? C'est que l'offrande n'était pas assez fournie. On va donc doubler la mise. On pourrait aussi essayer un coup d'inflation. Au départ cela ressemble à de la croissance, donc on arrive à Le faire apparaître, c'est magique!
Il y a bien quelque chose de gênant, c'est ce fameux service de la dette.
Heureusement, on peut s'en débarrasser pour un moment, en fixant les taux courts à zéro. Si on le promet pour les deux ans à venir, le taux à deux ans s'annule aussi, quasiment. Il suffisait d'y penser. Et alors, on peut s'endetter à l'infini, sans souci.
Cependant, les nouvelles dettes ont peine à trouver preneur. Qu'à cela ne tienne, il suffit d'imprimer des billets neufs et acheter tout le déficit avec. Facile.
Et bien sûr, ce procédé-là ne produira jamais d'inflation.
On a trouvé le mouvement perpétuel de l'économie!

Dans l'histoire, les gentils les plus connus sont: le bon docteur Ben, successeur du Maestro, l'ami des marchés; le Professeur K., le Prix Nobel, qui est également l'autorité morale. Heureusement, les gentils sont aux commandes dans les banques centrales et dans les principaux ministères des finances. Hélas, il y a encore des méchants. Mais, dans une bonne histoire, il faut des méchants, au début.
Donc, les méchants sont... ach! des Allemands. Un bon début, n'est-ce pas ? Un ramassis d'épiciers monétaristes à l'esprit étriqué. Protestants de surcroît. Bref, des hérétiques! Sadiques, ils veulent faire partager leur expérience masochiste de l'austérité. Ils veulent empêcher les gens de faire la fête. Néanmoins on est content de leurs prêts et on leur demande gentiment de se séparer de leur immoraux excédents budgétaires.

Bons ou méchants, qu'importe. Certains chiffres commencent à donner le vertige. On a la désagréable impression d'un point de non-retour qui semble avoir été franchi - il y a combien d'années déjà ? Quel est ce point ? Bien difficile à dire. Sommes-nous soudain dans cet improbable "long terme" ?
Les regards sont tournés vers le Japon. Des experts y craignent que la monétisation de la dette (les achats massifs d'obligations d'Etat par la banque centrale) "soit perçue comme de la monétisation de la dette". Ce serait évidemment gênant. Les marchés pourraient même s'inquiéter, pensez donc!

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